Mains spiritualité
 


Spiritualité et massage

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Publié dans Massage, Réflexions
Il y a trois catégories de personnes qui viennent me voir.
  • Ceux qui recherchent un massage de bien-être
  • Ceux qui viennent pour des douleurs ou des blocages physiques ou psychologiques
  • Ceux qui viennent dans le cadre d’une recherche spirituelle personnelle.
Je travaille avec la même application chacune de ces catégories. Cette classification n’est d’ailleurs pas étanche, certaines personnes commencent par venir pour des douleurs et reviennent pour du bien-être, d’autres viennent pour du bien-être et continuent parce qu’elles ont découvert un outil d’évolution personnelle dans le massage, et d’autres enfin sont à cheval sur plusieurs catégories.
Dans cet article je vais parler plus spécifiquement de la troisième catégorie.

En bref

Dans ce long article je décris une approche spirituelle des relations entre corps, esprit et univers.
Cette approche s’adresse à ceux qui s’intéressent à une démarche spirituelle, sans oublier les autres qui y trouveront les aspects philosophiques.

Suite à cela, j’explique les bienfaits du massage énergétique pour le pratiquant d’une discipline spirituelle, et la différence de ressenti avec une personne n’ayant pas ce type de recherche.
En effet, il n’y a pas besoin d’être croyant, religieux ou d’avoir une démarche spirituelle pour bénéficier totalement d’un massage énergétique. Les bienfaits seront les mêmes, mais les ressentis durant le massage pourront être différents, ainsi que les motivations.

Préambule

On pourrait penser à priori que le Taï Chi, le yoga ou la méditation seraient plus appropriés à une recherche d’ordre spirituel, c’est vrai, mais cela ne s’exclue pas justement. Pour le comprendre, je vais aborder quelques notions fondamentales concernant le corps et l’esprit, sur une approche spirituelle commune à beaucoup de cultures.

Je tente toujours d’exclure une vision religieuse dogmatique de mes approches concernant la spiritualité. Ce n’est pas une posture antireligieuse, c’est parce que les pratiques spirituelles se retrouvent dans des religions différentes sous des formes souvent très proches mais avec des noms et des explications différents.
En revenant à une description débarrassée de dogmatisme, j’offre au contraire la possibilité à chaque croyant de différentes religions de comprendre et se ré-approprier cette pratique dans son cadre religieux personnel. Cela permet aussi à des non-religieux d’aborder ces notions sans arrière pensée, et d’en comprendre la logique sur le plan philosophique.

Habiter son corps

Un paradigme de la conscience.

Notre esprit est composite. De l’émotionnel jusqu’aux plus hauts niveaux de la spiritualité, en passant par les sentiments, la raison et d’autres niveaux, il semble composé de couches de plus en plus subtiles. À la frontière extérieure de la conscience, se trouvent des domaines qui ne nous sont pas pas directement accessibles et font pourtant aussi partie de notre univers.

Le corps physique est souvent considéré comme un support de l’esprit, mais de nature différente. Certaines traditions religieuses séparent clairement les deux. Les matérialistes occidentaux, dont certains scientifiques mécanistes de renom considèrent que l’esprit est une fonction résultante du cerveau, ce que d’autres grands philosophes, scientifiques ou psychanalystes réfutent. L’époque contemporaine n’apporte donc pas d’éclairage nouveau sur la nature de l’esprit en tant qu’âme ou conscience, malgré quelques belles avancées dans le domaine son fonctionnement et de la santé mentale.

Plutôt que de prendre position sur les mécanismes de la production de l’âme ou de la conscience, gardons une construction représentative qui fonctionne et permet d’agir efficacement sur le corps et l’esprit. C’est ce qu’on appelle un paradigme. Tant qu’il est utile et non remis en cause par de nouvelles découvertes, il est valide dans les limites de son domaine.

C’est un peu comme la terre au centre de l’univers, cela fonctionne bien et permet de faire un ensemble de calculs et de prédictions justes… dans certaines limites. Après, pour conserver ce paradigme au delà de ses limites, cela devient plus compliqué. Pour le géocentrisme on est obligé d’inclure des notions d’épicycles pour que le modèle corresponde à l’observation. Puis à un moment, il faut casser ou faire évoluer le paradigme vers un autre plus juste et finalement plus simple en plaçant le soleil au centre de notre système, dans un nouveau paradigme.

Quelle est la nature du corps ?

En voilà une question !
Si l’on réfléchi profondément à cette question, on se rend compte qu’elle n’est pas si évidente. Comme je l’ai abordé dans un autre article (Une Personne : Plusieurs corps), notre corps est d’abord la conscience que nous en avons.
Notre conscience est de nature mentale et le corps que nous percevons est donc également de nature mentale. Il s’agit d’une image produite par notre esprit à partir des éléments matériels sensibles de notre corps physique. Inversement, l’activité de notre esprit et sa représentation mentale du corps peut se mettre en évidence dans une imagerie cérébrale de notre corps matériel. À tel point que l’idée ou le rêve d’une partie de notre corps active les mêmes zones cérébrales que l’activité réelle correspondante.

Sur la plan de notre conscience, de notre âme au sens d’une conscience existentielle, le corps est une construction mentale reposant sur un organisme biologique vivant, matériel. C’est ce que j’avais appelé le « corps émotionnel » dans l’article cité plus haut. Parce que ce corps mental est avant tout un corps provoquant les sensations, induisant les émotions basiques qui seront transformées en sentiments par des processus mentaux plus évolués. De même, l’image mentale que nous avons de notre corps est aussi une projection émotionnelle.

D’autres traditions nomment autrement ce corps, comme « corps éthérique » par exemple. Le terme « émotionnel » utilisé par d’autres auteurs, est traduit de textes sanskrits et ne correspond pas à l’emploi que j’en fait, il désigne un autre niveau mental, ou un ensemble de caractéristiques correspondant plutôt à ce que le Bouddhisme nomme « les facteurs mentaux ».

Que les purs matérialistes ne s’y trompent pas, ils sont autant victimes que les autres de cette déformation de la réalité, voire plus pour certains qui n’imaginent leur esprit que comme une composante produite automatiquement par l’activité cérébrale, alors que cela contredit l’essence même de leur expérience vitale.

Purifier le lien

Beaucoup de problèmes viennent d’une déformation de ce corps émotionnel par rapport au corps physique. Le rejet des besoins de notre corps matériel pour le forcer à rentrer dans un modèle faussé provoque des maladies aussi bien physiques que mentales. Plus les éléments qu’on cherche à contraindre sont fondamentaux, plus les effets négatifs sont importants.
Ces contraintes fortes peuvent s’exercer sur la nourriture, la boisson, le sommeil, et aussi de façon encore plus négative, sur la sexualité. Ces contraintes peuvent s’exercer dans un sens restrictif comme permissif, les effets seront importants et souvent très négatifs.

Ainsi, faire des jeûnes trop sévères en se privant d’éléments nutritifs indispensables peut être aussi mauvais qu’abuser de la bonne chère. Se priver d’une sexualité épanouie sous des contraintes personnelles ou sociales est destructeur, de même qu’avoir une sexualité débridée et obsessionnelle.

Être à l’écoute de son corps c’est pouvoir réellement retrouver le lien vital entre son être biologique et sa représentation mentale, ceci en toute bienveillance, sans créer d’illusions éloignées de la réalité. C’est aussi ce qu’on peut appeler ré-habiter son corps.

Habiter le monde.

Du corps, nous allons pouvoir inférer vers le monde qui nous entoure et qui est en interaction avec nous.
Dans le terme « monde », j’inclue tout ce qui nous entoure de perceptible, y compris le vivant, plantes, animaux et bien sûr les autres humains, famille, amis proches ou éloignés, et n’importe quel inconnu. Nous percevons le monde matériel par l’intermédiaire de notre corps matériel, mais de la même façon que ce dernier, nous en avons une représentation mentale.
Cette représentation est indirecte, et si elle est vraie relativement à nos sens et nos besoins, elle est fausse dans l’absolu.

Le monde réel qui nous entoure n’est perçu qu’en fonction de nos besoins vitaux. Nous ne voyons pas les millions de particules qui nous traversent chaque secondes en interagissant peu ou pas avec nous. Nous ne voyons pas les couleurs que perçoivent d’autre espèces animales, de même que nous en percevons qu’elles n’imaginent pas. Il en est de même pour les sons, les odeurs, tous les autres sens. En allant plus loin, il nous est difficile sans un effort conscient de percevoir l’écho de nos propres paroles sur un mur peu éloigné, notre cerveau étant capable d’annuler cette information pour rendre nos perceptions plus claires.

Le monde que nous voyons n’est qu’une image mentale de notre interaction réduite avec quelque chose de bien plus vaste. Pour la très grande majorité des humains, le sens mental lui-même est limité aux besoins immédiats de la personne. Les capacités réflexion ou d’imagination pourtant vastes, ne s’exprimeront que dans la sphère limitée d’un monde purement utilitaire.
Ceci n’est pas un jugement de valeur de la personne, même avec ces restrictions, un humain peut être quelqu’un de bon et attentionné, comprenant que l’entraide et la bienveillance sont indispensables à une vie harmonieuse et riche.

Le besoin ou la capacité d’aller au delà de ces limites touche très peu d’êtres. Ce sont des explorateurs de l’univers.
Lorsqu’ils sont connus, on les retrouve dans les génies scientifiques et artistiques, et dans les grands mystiques et maîtres spirituels. Mais dans les domaines spirituels, la plupart d’entre-eux reste discrète pour avoir plus de liberté d’action.
Je parle de personnes sincères et honnêtes, car il est vrai qu’il existe hélas beaucoup trop de charlatans dans ces domaines.

Prendre soin du monde

De la même façon qu’il faut écouter son corps avec bienveillance, écouter le monde avec bienveillance et le respecter est aussi important pour notre santé physique ou mentale. Maltraiter tout ce qui n’est pas considéré comme « nous », maltraiter les autres, les animaux, les plantes, l’eau, l’air l’environnement et les utiliser comme des éléments consommables à notre service nous transforme spirituellement en dévoreurs de mondes.

Comme nous ne pouvons vivre sainement sans notre monde, nous nous détruisons nous-mêmes, individuellement et collectivement. Nous transformons notre esprit en un cancer toujours affamé dévorant tout, jusqu’aux éléments indispensables à notre vie.

Le monde qui nous entoure nourrit non seulement notre corps qui nous permet d’interagir avec lui, mais aussi notre esprit par l’expérience qu’il en retire. Comme pour le corps, il faut être juste et traiter avec bienveillance notre environnement. La richesse de notre esprit dépend de notre relation au monde.

D’esprit à esprit

Pour ceux qui ont une relation spirituelle à l’univers, ces explications ne sont pas une découverte. Les mystiques et chamans de tous temps, petits et grands, ont compris, vivent et perçoivent constamment ces relations entre esprit, corps et univers. Ils les matérialisent à leur façon à travers des rites permettant de concrétiser leurs actions et leurs perceptions.

La prise de conscience du reflet des phénomènes dans notre esprit trouve son écho dans la prise de conscience de la relation des autres esprits avec le nôtre. Les esprits des autres humains, des animaux visibles et invisibles, et par extension, d’une composante spirituelle propre dans la nature et les choses qui interagissent avec nous, puis dans la sensation d’un ensemble plus vaste englobant tout.

Cultiver le lien

Le yoga, dans son sens premier signifie « le lien », c’est l’union entre les choses matérielles et immatérielles, le corps et l’esprit, c’est aussi le joug qui relie deux animaux de trait. Le terme de religion a pour origine religare qui a la même signification de relier quelque chose ou de nous relier à quelque chose, et religere qui signifie rassembler, regrouper.

En dehors ou à travers les évolutions en dogmes ou en cultes religieux, les pratiques spirituelles permettent à l’humain de se relier à l’univers dans ses aspects triviaux comme supérieurs. Ce sont ces pratiques et prises de consciences qui font évoluer l’être vers une conscience plus étendue. À condition qu’il s’agisse de vraies pratiques personnelles et non de manipulations politiques au profit d’un culte.

Méditation et pratique

La méditation, les pratiques mentales pures, permettent de libérer et ouvrir l’esprit et développer la conscience et les capacités de compréhension. Bien utilisée, la méditation apporte puissance et clarté à la pensée consciente et donne la capacité d’une concentration sans perturbation alliant une vision pénétrante et le calme mental. Mais ce n’est pas suffisant.
Pour être complète, une harmonisation de l’être doit passer par la maîtrise du corps, sa santé, et ses capacités de perception. Ainsi, le calme mental doit être soutenu par le calme physique et la souplesse de l’un développe la souplesse de l’autre.

Les arts martiaux externe et internes, le Taï Chi, le Qi Gong, le Yoga, développent cette disponibilité du corps alliée à celle de l’esprit. L’attention et la concentration s’allient dans une maîtrise qui décuple les capacités spirituelles par rapport à la pratique d’un seul de ces aspects.
Enfin, la relation bienveillante au monde, développée avec constance par les vrais yogis (karma yoga), chamans et grands religieux, complète l’ensemble en portant l’attention aux autres et au monde, en les incluant dans la pratique spirituelle comme étant des éléments en interaction avec leur propre esprit, eux-mêmes faisant partie d’un esprit composite plus étendu. Là encore, la compréhension parfaite et la pratique de ces trois aspects multiplie les capacités au delà de ce qu’une pratique partielle permettrait.

Revenons au massage énergétique

Puisque c’était le but de cet article…
Après cette présentation rapide permettant de comprendre les aspects spirituels d’une recherche personnelle, vous êtes en mesure de voir qu’il est important de garder le lien avec le corps et ses sens. Le toucher est un don précieux qui transmet des émotions brutes aussi bien de répulsion que d’attraction.

Serrer une main, suffit souvent à ressentir sa compatibilité avec une personne. Prendre dans ses bras avec sincérité transmet la sensation d’amour, de reconnaissance et de bienveillance entre deux êtres. Dans ces moments là, le corps émotionnel, s’accorde spontanément avec le corps matériel pour garder intacte cette énergie. Sauf si la personne souffre trop et que la séparation de ses deux aspects corporels est trop grande. Dans ces cas là, même l’acte sexuel devient égoïste et les deux partenaires n’en retirent qu’un plaisir onaniste.

C’est dans ce but aussi que mon type de massage énergétique peut aider considérablement. Le ré-accordage de l’ensemble corps-esprit dans ses aspects matériels, énergétiques et spirituels apporte une fluidité et une puissance accrue aux méditants et habitués des disciplines spirituelles, des arts martiaux au yoga en passant par différentes formes de chamanisme.
Pour réussir ce genre de massage, il faut avoir soi-même une pratique spirituelle propre. L’apprentissage de séries de gestes ne fonctionnera pas. Il faut réellement donner de sa propre énergie, de son propre amour de l’autre pour que l’union et la mise en mouvement des énergies fonctionne.

Pour un non pratiquant, la phase énergétique du massage fait circuler des énergies positives dans tout le corps. Les siennes accompagnées par celles du masseur. Cela est ressenti comme un passage particulièrement sensuel, car cela agit sur les mêmes mécanismes psycho-corporels en action que lors d’un contact amoureux, comme prendre dans les bras ou faire l’amour, pourtant il n’y a pas de relation sexuelle.
Selon la force que je dois donner, je peux être physiquement proche du massé, je peux me servir de mon souffle sur certains canaux ou chakras. La mise en mouvement des énergies positives du massé est alors forte et garde des ouvertures qui vont durer longtemps après le massage, parfois plusieurs semaines. C’est une vraie thérapie énergétique. Les bienfaits biologiques sont mesurables par les taux d’endorphine et d’ocytocine libérés, et sur le plan psychologique, c’est une aide précieuse à la détente et l’acceptation de soi, permettant de se libérer de douleurs et de retrouver des fonctions bloquées par des expériences traumatisantes.

Pour un pratiquant spirituel, en plus de ces bienfaits, cette énergie permet rapidement de partir dans un voyage intérieur. Je suis moi-même en méditation active la plupart du temps et accompagne le massé dans ce voyage. Il est parfois troublant de voir que nous avons partagé les mêmes visions sans avoir échangé un mot, ou trouvé des images chacun dans le vécu de l’autre. Dans certains cas, comme pour certaines autres pratiques chamaniques, la nudité des deux, masseur et massé permet une communication plus directe. Pourtant encore une fois, il n’y a aucun contact sexuel.

Cette énergie est par exemple celle qui est utilisée par Guru Amma lorsqu’elle prend des centaines de personnes dans les bras.
Ces mises en œuvres d’énergies d’amour, puissantes et positives font partie des traditions tantriques réelles. J’évite souvent de parler de tantrisme car en occident, le terme n’est employé que comme substitut à une relation sexuelle avec du folklore masquant une certaine forme de prostitution.
Je reste donc sur le terme d’énergétique qui est plus vaste et plus compréhensible, tout en étant débarrassé de connotation sexuelle ou religieuse. Car oui, pour pratiquer les tantras, il faut être Bouddhiste ou Hindou et avoir reçu une initiation spécifique.

En conclusion

Je vous ai donné de façon très synthétique un aperçu de ce que représentent une conception et une démarche spirituelles, et de la relation qu’il était nécessaire d’établir entre l’esprit, le corps et le monde pour les épanouir. Il y aurait énormément de choses à dire et à développer sur ces sujets, mais cette présentation peut déjà faire comprendre quel est le chemin commun aux différentes cultures spirituelles tout au long de l’histoire humaine.

Enfin, cela m’a permis d’expliquer en quoi le massage énergétique que je pratique s’inscrit aussi dans une pratique spirituelle, que ce soit pour moi ou les personnes massées, sans qu’il soit nécessaire d’avoir ce genre de démarche pour venir.
Les bienfaits du massage énergétique concernent aussi des personnes sans croyance ni recherche spirituelle particulière, au même titre que le yoga, les arts martiaux ou l’Ayurveda qui peuvent être pratiqués par tous.

N’hésitez pas à me poser des questions, et à venir vous faire masser si vous n’avez pas encore essayé ce massage particulier.

À très bientôt.

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