Bonne année en liberté

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Publié dans Réflexions

Une bonne année

Je vous souhaite une bonne année 2021, une très bonne santé,
et surtout de retrouver votre liberté.
Sans peur, sans angoisse, avec joie, avec la possibilité de partager des moments précieux avec vos amis et votre famille.
Mais la liberté, c’est avoir le choix, c’est s’exprimer librement et sans crainte, c’est se confronter au monde et s’enrichir humainement.

La liberté, est-ce concret ?
Qu’est-ce que la liberté ?

La liberté

Lorsque l’on vit bien, dans une société où tout le monde est protégé, la notion de liberté devient quelque chose d’assez flou.
On sépare la liberté d’action, de celles de parole et de penser. Bien que ces deux dernières soient fondamentales et qu’elles semblent chaque jour plus menacées, il y aurait trop de choses à dire pour tenir dans ce simple article de nouvel an.
Je vais donc parler principalement de la liberté d’agir, qui est le corolaire de la liberté de choix.

La liberté "donnée"

Beaucoup de personnes diront que la liberté c’est faire ou de dire ce que l’on veut, ce dont on a envie, sans contrainte d’aucune sorte. Plus les enfants sont petits, plus c’est cette notion de la liberté qui domine.

Cette notion de la liberté, sans contrainte, cette liberté que j’appelle ici "donnée", présente bien sûr des limites. Le vieil adage dit que "notre liberté s’arrête où commence celle des autres".
Cette phrase assez absconse se comprend pourtant immédiatement comme "On peut faire ce que l’on veut tant que cela ne nuit pas aux autres".

J’aurais aimé avoir la place de développer cette notion en ce qui concerne la liberté de parole ou celle de penser.
Toutefois, les libertés de penser, de s’exprimer, d’agir, sont toujours liées à une notion de libre choix, sans contrainte, sans risque venant d’une autorité qui sanctionnerait l’expression de ces choix. Mais parfois la sanction ne vient pas d’autrui, elle est le résultat d’une liberté qu’on a prise alors que nous ne le pouvions pas, parce que nous n’étions pas préparé financièrement, culturellement ou physiquement.

La liberté et le mérite

En réalité, la liberté se cultive, se mérite et est l’objet d’efforts.

Pour exercer un métier qui nous plaise et avoir le choix, avoir la liberté de choisir, il faut avoir travaillé pour s’y exercer, avoir fait les études correspondantes parfois pendant bien des années, ou bien, par soi-même, s’être exercé avec passion pour acquérir les compétences nécessaires.

Sans ce travail, aucune compétence ne se développe et il devient impossible de choisir son emploi. Ici la liberté est donnée par les compétences qu’on a acquises, le travail qu’on a fait.

Ceci est valable pour tout. Une activité sportive, un voyage, un métier, une passion. La liberté ne vient que si un travail, un investissement d’effort a été fait.

C’est lorsque nous avons mérité une liberté, et que celle-ci nous est refusée par une autorité ou par un tiers, que le sentiment d’injustice apparaît et nous révolte.

Bien sûr, concernant les enfants, la liberté de faire les "bonnes études" ne viendra pas uniquement d’eux. Le travail et l’investissement des parents a été indispensable.

La liberté capitalisée.

Et justement, comme je l’ai dit juste avant, le travail de ses parents, ou d’autres personnes peut permettre de "transférer" cette capacité de choix, cette liberté d’action. Le travail produit une richesse, et cette richesse peut se capitaliser puis se transmettre.

Je ne parle pas que d’argent, les efforts pour se cultiver, apprendre, d’autres langues, apprendre des connaissances scientifiques, apprendre à lire ou calculer plus vite, apprendre à jouer d’un instrument de musique… tous ces efforts enrichissent une personne et lui permettent de transmettre à son tour toutes ces connaissances à d’autres personnes.

La connaissance est aussi une richesse transférable, elle aussi permet d’augmenter ses capacités de compréhension et d’étendre ses choix, de parler avec des locuteurs étrangers, de construire ou réparer des objets. Et ces richesses sont autant de libertés.

Il y a une époque où presque toute personne était capable de partir en pleine nature et pouvait construire sa maison, cultiver un terrain, construire meubles et outils.

Puis on éduquait ses enfants pour toutes ces tâches. L’homme pouvait s’installer partout, en maîtrisant son environnement.

Mais chaque personne ne possède pas toutes les connaissances. L’éducation culturelle, la morale, Les bases des mathématiques et de la lecture, et toutes les connaissances indispensables à la vie en société et aux échanges doivent être réparties sur plusieurs personnes qui dispenseront ces connaissances aux autres.

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde technologique d’une grande complexité. Là où il y a deux siècles chaque personne comprenait son environnement naturel et technique, et pouvait agir sur lui pour l’entretenir et le réparer ; à notre époque, nous sommes entourés d’objets indispensables dont nous ne comprenons pas le fonctionnement et que nous sommes incapables de réparer et d’entretenir nous-mêmes.

Les autres sont devenus encore plus indispensables. La liberté individuelle existe grâce au travail de tous.

La liberté partagée.

Tous ces efforts et investissements pour accroitre sa liberté sont donc possibles grâce aux efforts conjugués d’un ensemble de personnes qui elles aussi partagent leurs connaissances et leurs savoir-faire. Ces efforts conjugués permettent à toute une société de progresser et d’avoir une vie plus riche, plus agréable, de faire des choses intéressantes et passionnantes qui soient bien plus que de la survie.

Les efforts de tous, dans le même sens, avec une authentique bienveillance, permettent d’accroitre la liberté de chaque individu, et aussi celle de leur société. L’enrichissement humain est individuel et social.

La prise de conscience de la valeur de tous, du plus modeste au plus doué, permettant à chacun d’être traité comme les autres, vis à vis d’une loi commune, des possibilités et des chances données ;

cette conscience permettra de comprendre l’importance des notions d’égalité.

La compréhension de ce que chacun peut apporter aux autres, et de la reconnaissance qu’on ressent naturellement devant ceux qui nous facilitent la vie et la rendent meilleure ; cette compréhension, naturelle ou acquise par l’éducation, développe la notion de fraternité.

La devise de notre pays devient ainsi à la fois une devise et un guide qui une fois compris devrait nous montrer comment progresser et être meilleur.

Préserver la liberté

On en revient au début. Cette belle société, malgré ses défaut, malgré ses faiblesses, nous a permis de trouver assez de liberté pour vivre heureux, apprendre, rire et partager de bons moments d’humanité avec sa famille ou ses amis. Elle nous permet de voyager et de découvrir sans danger ce que des explorateurs ne pouvaient expérimenter qu’au péril de leur vie.

Cette liberté a été acquise et défendue, par le travail et les combats de nos pères et de nos frères. Mais cette facilité, cette richesse, cet investissement est entre nos mains. Pourtant, nous sommes aujourd’hui comme des enfants qui ont oublié les efforts nécessaires pour acquérir ces libertés.

Ce qui s’oppose

Plusieurs choses nous empêchent d’être libres.
La peur nous empêche d’agir, de nous exprimer, d’échanger et d’aimer.
La maladie, la vieillesse, la guerre, la pauvreté ou la dépendance financière.
Ces circonstances, qu’elles soient dues aux aléas de la vie, à la malveillance de certains individus ou groupes d’influence, ou aux dirigeants d’un pays et leurs médias, restreignent nos capacités à vivre et penser sainement, et restreignent donc beaucoup de nos libertés, que ce soient celles que nous devrions avoir acquises, ou celles que nous pourrions développer.

Ceux qui ne jouent pas le jeu de la fraternité, ceux qui par leur position abusent des autres et les méprisent, ceux qui vivent comme des parasites, que ce soit dans la société, au sein d’une famille, au gouvernement, ou dans les grandes sociétés, ou encore dans les zones désertées par le droit, ces individus sont ceux qui consommeront le fruit de notre travail et de nos efforts pour eux-mêmes. Peu à peu ils nous privent de nos libertés.

Reconquérir l’humain

Repartons à la conquête de nous-mêmes. Ne donnons pas un blanc seing à des autorités ou des dirigeants incompétents quel que soit leur parti, parce que nous les aurions choisi sur des critères émotionnels plutôt que rationnels. Laissons s’exprimer notre bon sens. Renseignons-nous, cultivons-nous et donnons-nous les moyens de choisir ce qui semblera être concrètement le mieux pour nous et nos proches afin de toujours nous assurer que notre monde sera un endroit sûr où il fait bon vivre.

Sans parler ici de politique, reprenons le pouvoir de nous instruire, de nous parler, de nous aimer, de créer et construire, ne serait-ce qu’à notre échelon individuel, pendant que tout le savoir de notre époque est encore accessible dans les livres ou sur le net.
Développons notre esprit et notre corps pour qu’ils nous emmènent loin et libres.
Partons à la reconquête de nous même, de notre humanité et donc de notre liberté.

C’est ce que je vous souhaite pour cette année et toutes les suivantes.
À bientôt.

Une réflexion au sujet de « Bonne année en liberté »

  1. Merci pour vos vœux, vos souhaits comme une alerte et un avertissement explicitement formulé et bienveillamment donné.
    Alors si je peux:
    Frères humains réveillons nous, et quittons le sommeil imposé de la facilité agréable qui est devenu le lit d’une cellule où est enfermée notre liberté. Commençons au réveil par changer notre alimentation et refusons le brouet de plus en plus malsain mis à notre disposition.
    Pour nous reconquérir et regagner la liberté, repeupler notre esprit de bonnes pensées, rester humains et créateurs de paix et de fraternité ; mangeons les fruits non calibrés de la connaissance, abandonnons les protéines qui font quasiment de nous, mammifères, des anthropophages.
    Mieux nourris par notre libre arbitre et nos propres choix éclairés de consommation, c’est en hommes et femmes sensés et frugaux que nous prendrons soin de nous, des uns et des autres autant que des animaux, et de notre indispensable Terre.
    Réveillons nous avec de l’appétit pour partager les plats mondiaux de la résistance, ceux que nous avons, chacun ou en commun, avec amour consciencieusement élaborés.
    Tous à table… sans oublier d’inviter ceux qui en sont, sans abri, sans les fondamentaux humains, injustement privés. L’amour est un plat convivial qui ne se mange pas dans la froide solitude du chacun pour soi mais dans la douce chaleur de nos cœurs ouverts et des écrans mercenaires refermés.

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