L’Homme et la ré-éducation sensuelle

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Publié dans Massage, Réflexions

L’homme et la ré-éducation à la sensualité

Le massage est aussi une thérapie du corps et de l’esprit. Pour beaucoup d’hommes, cela permet une redécouverte de leur corps dans sa totalité sensuelle. Là où les femmes ressentent naturellement cette sensualité, la plupart des hommes, par leur éducation, ont trop souvent oublié cette dimension essentielle de l’être.

Cet article parle de la majorité des hommes et de leur carence en sensualité. Ce n’est pas le cas de tous les hommes, ni le cas de la plupart des femmes quelle que soit leur sexualité.

Sensualité, que t’avons nous fait ?

La sensualité est une des plus belle composante du rapport au monde que peut éprouver un être humain.

Notre époque qui se veut libre, ouverte et évoluée sexuellement, est en fait de plus en plus prisonnière de comportements stéréotypés et de préjugés qui mélangent sensualité et sexe, en les jugeant à l’aune de principes moralisateurs d’un autre temps.


Il est important de rappeler que : 
Sensualité et sexualité sont deux choses différentes.

Différentes et pourtant le sexe devrait être indissociable de la sensualité, alors que la sensualité n’implique pas forcément le sexe.
 La sensualité est la capacité de ressentir par les sens, en prenant du plaisir, en faisant du moment une expérience intime. Cela peut passer par le goût par exemple. Où l’on peut profiter pleinement d’un met délicieux, en faisant rouler sur la langue chaque bouchée pour profiter pleinement de sa saveur, son fumet, sa texture. Un gourmet éprouvera donc un plaisir sensuel à la dégustation d’un plat ou d’une boisson raffinés.


Même dans notre époque laïque, notre société est imprégnée de culpabilité lorsqu’il s’agit de plaisir des sens. Pourtant, la France a été considérée longtemps avec envie pour sa culture où ces plaisirs étaient traités comme des arts, allant des plaisirs de la table à ceux de l’amour.

La sensualité a-t-elle un genre ?

Les plaisirs de la table, de la musique, des arts représentatifs de la peinture, du dessin, de la sculpture et maintenant du cinéma aux jeux vidéo sont universels en ce sens qu’ils peuvent être appréciés sans arrière pensée autant par les femmes que par les hommes.

En ce qui concerne la sensualité du corps par contre, le déséquilibre est flagrant. Le rapport de l’homme aux plaisirs procurés par le contact reste emprunt de culpabilité. Ressentir du plaisir par la caresse du vent ou du soleil sur son corps est féminisé. Prendre soin de sa peau est considéré comme féminin.

En allant plus loin, les rapports sensuels durant l’amour sont présentés comme des corvées dont il faut s’acquitter pour être un bon amant. Ce ne sont que des « préliminaires », l’acte d’amour n’étant reconnu que dans les quelques va-et-vient du coït menant à la jouissance. Le plaisir féminin n’est qu’accessoire, s’il apparaît, réel ou simulé, cela sera le signe pour l’homme qu’il était à la hauteur, qu’il savait prendre du plaisir en en donnant. On voit bien dans ces termes que la notion d’échange est absente de l’acte.
Ce n’est pas d’aujourd’hui et c’est triste. Heureusement, ce n’est pas le cas de toutes les cultures.

En résumé, la jouissance corporelle accepte de se faire masculine lorsqu’elle est suffisamment brutale pour en exclure toute féminité.

Sur ce plan, la plupart des gays, homosexuels masculins assumés, sont bien plus évolués. Ils ont transgressé ces principes de part leur décalage aux valeurs normatives de la société. Ils savent écouter et profiter de leurs sens, et en cela, sont féminisés dans l’opinion masculine, même si souvent rien ne semble féminin dans leur comportement. Ils savent qu’ils font l’amour dès la première caresse en englobant tout dans le rapport amoureux, puisque le but n’est pas la procréation.
Beaucoup de gays, voire d’hétérosexuels, considèrent ainsi qu’ils ont leur “part” plus ou moins grande de féminité en se basant sur ces critères faussement genrés.

Et en réalité ?

En réalité, la sensualité du corps n’a pas de genre. Un homme a le droit de ressentir le plaisir des caresses, que ce soit celles du soleil, du vent, de l’eau et bien sûr d’une autre personne, soit dans un rapport physique allant de l’étreinte amicale jusqu’au rapport sexuel, soit dans un soin corporel tel que le massage.

L’utilisation du parfum est un bon exemple de l’évolution positive de cette mentalité. À une certaine époque en occident, il était inconcevable pour un homme de se parfumer, seuls des “invertis” efféminés osaient utiliser ces artifices féminins. Maintenant, tous les hommes peuvent se parfumer sans passer pour des homosexuels.

De même, sans abandonner leur virilité, beaucoup d’hommes acceptent maintenant leur sensualité, mais il reste encore du chemin à faire. Cette évolution ne se fera pas par la force comme certaines ou certains le voudraient, en réprimant des normes éducatives profondément ancrées dans notre culture.
Elle se fera par la découverte de soi et la détente qui en découlent, permettant ainsi de prendre de la distance par rapport à ces normes qui finiront naturellement par tomber dans l’obsolescence.

Massage, sensualité et sexe

Le massage existe depuis des millénaires. Il est présent dans toutes les cultures, comme soin du corps, mais aussi de l’esprit et de ses composantes.
Sa dimension sensuelle est incontestable. Pourtant, certains types de massages tentent de gommer cet aspect en se concentrant uniquement sur les muscles ou les tendons, comme les massages sportifs par exemple. Leur efficacité dans leur domaine est excellente, mais ce n’est pas le sujet de cet article.

De même, certains masseurs et masseuses pratiquent clairement des actes sexuels en accompagnement du massage. Cela va d’une pauvre « finition », à un protocole complet et recherché se réclamant du tantrisme. Si cela contribue sans doute à faire découvrir une forme de sensualité, ce qui reste positif à condition d’être bien fait, ce genre de massage continue de cloisonner la dimension sensuelle dans une optique sexuelle et passe à côté du pur développement sensuel, complet, sans complexe ni culpabilité.

Sur le plan énergétique, les bienfaits de la ré-harmonisation se trouvent condensés dans la jouissance immédiate et ne profitent presque plus à l’ensemble psycho-corporel de la personne.

Je ne juge pas ce genre de massage qui se pratique lui aussi depuis des siècles et apporte aussi une découverte de son corps et de grands bienfaits s’il est bien réalisé. La différence est que l’apport d’une jouissance sexuelle dans le massage retire sa capacité au développement complet de la sensualité. Comme nous l’avons vu, cette capacité va bien au delà du sexe.

Ré-apprendre à ressentir

La dimension sensuelle du massage est un bienfait qui va au delà du simple bien-être. Elle ré-apprend à ressentir par le corps. Elle reconnecte la personne à cette capacité haptique, tactile, cette capacité d’éprouver du plaisir sans que cela passe obligatoirement par le sexe. Pour beaucoup d’hommes cette expérience est troublante, comme pour un aveugle de naissance qui pourrait brusquement voir. Cette sensualité leur apparaît comme un plaisir nouveau, passant par le toucher et donc souvent associé au sexe.

Quand bien même cette sensualité serait mal interprétée, comme étant un plaisir sexuel secondaire, cette découverte permet de faire prendre conscience d’une autre dimension, d’une autre façon de ressentir et donc de se comporter. Car la sensualité, elle, ne peut être violente ni brutale, c’est forcément un échange. Cet échange est ressenti même dans la caresse du soleil, comme un lien avec lui, avec la nature.
Une fois cette découverte faite, la recherche de ces sensations transformera l’homme-en-carapace en homme-sensitif, l’acte d’amour commencera avec le regard et la première caresse, là où il commençait à la pénétration et finissait au bout de quelques minutes dans une jouissance égoïste.

Continuer d’aimer

Ce qui est magnifique, c’est que la sensualité ne connaît pas non plus de limite d’âge. On peut continuer de ressentir le plaisir des sens bien après que les fonctions sexuelles aient trahi et abandonné la personne.
Ainsi, avec la sensualité, le goût de vivre, le goût d’aimer, de ressentir, continuent à faire de la vie un voyage qui mérite d’être vécu.

Image : « Jeune homme nu » de Pierre-Paul Prud’hon, 1ère exposition en 1819

2 réflexions au sujet de « L’Homme et la ré-éducation sensuelle »

  1. Votre site et ce que vous dites m’intéresse grandement. Je désire une séance avec vous, […] je prendrai contact avec vous.
    Bernard.

  2. La sensualité est l’éveil du corps, je dirais même des corps dont ceux subtils !!
    Tout est vibrations pour moi. Des pieds à la tête, cela est inexplicable, mais je ressens tout cela en moi.
    Merci Pascal pour tes explications sur les différences entre sexualité et sensualité, j’avais déjà perçu cela car j’avais écrit sur… faire l’amour et être en amour !!! La différence était patente.
    Jacqueline

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